Avant de vous raconter comment s'est déroulé mon Tor des Géants 2010, je pense qu'ii est nécessaire de planter le décor. Quelques chiffres s'imposent :
Le TOR des Géants en Chiffres : 330 km et 24.000 mètres de dénivelés en montagne en une seule étape.
Pour rappel :
Le mythique GR20 se fait en 15 jours pour un randonneur moyen. 200km et 14.000m de D +. Le record appartient à Kilian Jornet Burgada en 32 h 54'02''
L'UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc) considéré comme le championnat mondial (non officiel) de la course en montagne longue distance. 166km et 9500m de D + Le record de l'épreuve appartient au même Kilian Jornet Burgada en 21h 33'18''.
Il existe de nombreuses autres courses, plus ou moins longues, notamment aux USA (Mountain Hardrock par exemple). Mon but ici n'est pas de faire une liste exhaustive de ce qui existe, mais bien de replacer le TOR dans son contexte : une course en montagne hors norme, jamais organisée auparavant. Une première mondiale.
En clair, le TOR, c'est 2 UTMB d'affilée au niveau de la longueur et 2,5 fois le dénivelé positif et négatif qui fait certainement aussi mal, voire plus mal aux jambes, genoux, chevilles etc. …
C'est sur les courses plus courtes, 50 à 55 km maximums que je m'amuse le mieux. 6 ou 7 heures d'effort. Une bonne intensité. Je me suis toujours dit que l'UTMB est trop long pour moi. Partir pour une course de plus de 30h00 ne m'attire pas beaucoup.
J'ai pourtant tenté le même genre de parcours au Grand Raid Des Pyrénées en 2008. Abandon à mi parcours pour des raisons sur lesquelles je ne reviendrai pas ici. Mais bien ici…
Pour répondre à a question pourquoi m'inscrire au Tor : après un hiver plus qu'apathique au niveau sportif à cause de mon implication obligatoire au boulot, je me suis obligé à m'inscrire à un gros truc pour m'obliger à m'entraîner et me refaire la caisse.
Entraînement obligatoire donc. Passage obligé. Appel à Alain Roche qui m'a déjà coaché sur les épreuves de Ski Alpinisme. Le gros avantage de suivre ses plannings est d'arriver à un certain volume d'entrainement sans se griller. Chose qui m'était arrivée en 2007, alors que j'ai préparé seul les Championnats d'Europe de Ski Alpinisme à Morzine-Avoriaz.
Structure des entrainements :
Avec Alain, je connais assez bien le système de fonctionnement. Nous fixons un objectif principal, le TOR et quelques objectifs secondaires : Tour des Glaciers de la Vanoise et Tour de la Grande Casse : 2 courses parfaites pour moi, le départ se situant à Pralognan la Vanoise, vallée à côté de celle de Méribel.
Nous fonctionnons par Cycles : Macro et Micro. Avec comme objectif principal un pic de forme au moment de la course identifiée comme étant l'objectif de l'année. Ou plutôt de la saison. 1 macro cycle comprend 3 ou 4 micros cycles. Le plus simple est de bossé sur la base du calendrier : 3 mois avant l'épreuve => 3 macro cycles de 1 mois et 3 X 4 micros cycles de une semaine.
En général tout le planning de travail est basé sur des fréquences cardiaques mesurées grâce à un test à l'effort. Ce test à l'effort donne différent seuil et par conséquent différentes allures/fréquence de travail/course.
Appellation intenités | Valeurs FC cible référence : % de la FC max | ressenti |
I. 1 | 65-70 % 119 - 126 | récupération allure tranquille ; on peut « discuter », sans essoufflement |
I.2 | 70-80 % 128 - 146 | effort de récupération active, début d'essoufflement, fréquence cardiaque supérieure à 75% du max, puissance de 60% de la PMA |
I. 3 | 80-90 % 146 - 164 | sous le seuil, effort tenable sur 2 heures au maximum, fréquence cardiaque supérieure à 85% du max, puissance à 70% de la PM |
I.4 | 90-95 % 164 - 174 Seuil (valeur TEST à 93%) = 172 | seuil, effort maximal sur 30 minutes à 1 heure, effort intense mais tenable, fréquence cardiaque supérieure à 92% du max, puissance à 80% de la PMA |
I. 5 | 95-97 % 171 - 175 | puissance maximale aérobie (PMA), que l'on peut tenir 5 minutes au plus, essoufflement très important, fréquence cardiaque proche de 100% du max puissance PMA par définition |
I.6 | 177-100 % 175 - 183 | intensité sous maximale, lactique, douleur intense effort allant de 30'' à 1' puissance à 150% de la PMA |
I. 7 | 100 % 183 sur test | intensité maximale, sans aucune douleur, effort très bref inférieur à 7'' puissance à 250% de la PM |
Ces valeurs sont les miennes. Elles ne sont ni bonnes, ni mauvaises. Elles sont. Le but étant de les connaître de manière à pouvoir travailler sa propre résistance au seuil. Tout le monde ne naît pas avec les mêmes capacités. Que ce soit intellectuelles ou physiques. Par contre, tout le monde peut bosser sur base de ces critères. Et les résultats sont surprenants. Je dirai plus de 30% d'amélioration des performances. Pas en partant de zéro, mais en partant d'un niveau ou le sport représente déjà quelque chose dans sa vie.
Voici un exemple de semaine d'entraînement.
Disponibilités à remplir ! | Durée totale /filière | contenus |
lundi | repos | repos |
mardi | 1h Sur VE ou escalier
Force
Si vélo même travail en augmentant la phase d'échauffement et celle de récup (30 minutes) |
Séance de force sur vélo ou elliptique ou escalier 15' échauffement progressif 5' (i. 1 =5' puis i. 2 = 7' terminer i.3 = 3') + 8 x 3' de force (avec maxi de résistance possible ) + 3' de récupération en vélocité 85 -90 de tpm Option escalier : Même travail en foulée bondissante avec le plus grands nombres de marches montées par foulées tout en gardant un certain rythme Récup en redescendant cool + Renforcement musculaire abdos et dorsaux Voir les exercices proposés 3-6-9 de la vidéo YouTube http://www.youtube.com/watch?v=Yo6Z6TjscKM |
mercredi
| 1h 30 si vélo 1h si cap 50' vélo elliptique Hyopervélocité
|
10' échauffement (on double si CAP et on triple si vélo) ) (i. 1pendant 5' puis i. 2 basse 5' terminer par 5' en allure i.3) + Une séance d'hyperv élocité 6 x 1' en hypervélocité sans pédaler néanmoins dans le vide Recup très souple entre 2'en i.1 Finir par 10' en i.2
Si CAP : sur des plats des toutes petites foulées les plus rapides possibles |
Jeudi | Repos sur le plan cardio | Renforcement musculaire abdos et dorsaux Voir les exercices proposés 3-6-9 de la vidéo YouTube http://www.youtube.com/watch?v=Yo6Z6TjscKM |
vendredi |
1h 15 cap 1h 45 à 2h si vélo
PMA courte 30/30 | échauffement 20' puis travail spécifique : 2X 10' de 30/30 Récup entre les deux blocs 5' Suivi par récup 30' (si CAP) 1'h si vélo et 20' si HT à FC allure 2 basse |
samedi |
2h mini si cap 3h mini si vélo Endurance fondamentale |
Une sortie longue carte blanche , ce que tu veux mais avec beaucoup de dénivelé Si course en montagne profil trail : 2h mini Si vélo 3h |
dimanche | 2h Endurance oxygénation | Une sortie cool VTT ou montagne Sans accélération Tout en i.1 – I.2 Eventuellement au milieu juste 3 accélérations progressives en les finissant à bloc de 45'' Récupération 3' entre |
On alterne les séances de PMA, Force, endurance fondamentale etc. … En général on monte en puissance au sein des micros cycles ainsi que des macros. Semaines de plus en plus dures en charge de travail durant 3 semaines pour arriver à une semaine de « repos » en fin de cycle avant d'attaquer le nouveau mois d'entrainement.
Le tout fonctionne bien. J'ai déjà expérimenté ce genre d'entrainement. Il a deux gros avantages :
1) il m'apporte de la structure et donc de la rigueur, là ou j'en manque.
2) Il m'oblige à sortir, seul même les jours ou je n'ai pas envie d'y aller.
Pas facile de s'entraîner seul. Difficile de trouver des copains d'entrainement qui ont soit le même niveau, soit les mêmes horaires. Je préfère donc sortir seul, quand j'ai prévu de le faire en fonction du planning d'entrainement.
Ok, ce n'est pas super passionnant et ça paraît rigoureux. Ça l'est. Tout le monde n'est pas obligé de suivre ce genre de canevas pour participer à des courses d'endurance. Par contre, tout le monde est obligé de s'entrainer. A chacun de choisir la méthode qui lui convient. Pour le Tor, je n'avais que 3 mois entre la décision de participer à l'épreuve et le jour de départ de la course. Autrement dit, c'est très court. Voire trop court connaissant l'état physique dans lequel je suis sorti de la saison d'hiver : rincé, incapable de faire 1000m de D+ d'un coup. Alors 24.000 dans 3 mois, ça peut donner des cauchemars.
Période de préparation du Tor :
Avec beaucoup moins de rigueur qu'à l'époque du ski alpinisme, je me suis tenu à aux plannings. En claire, j'ai zappé pas mal de séances. A mon avis je dois avoir fait 80% du programme. Le sport n'était plus au centre de ma vie comme à l'époque. Plus serein, moins stressé quand je rate une séance. Pour suivre ce genre de planning, il faut une vraie organisation de vie qui tourne autour de l'entrainement. Même si les séances en elle-même sont « courtes » (3h00 max) il faut beaucoup de préparation pour que tout roule. Bêtement, ça va du simple fait d'avoir le bon t-shirt pour les conditions atmosphérique à la ceinture cardio oubliée à l'appart alors qu'on a prévu de partir du boulot…
Bref : content de l'entraînement. J'aurai pu en faire plus. J'en reparlerai.
Au niveau de la diététique pré-compet, je me suis pas mal tenu aux recommandations d'Alain Roche. Avec plus de laxité également, mais en gros, les grandes lignes ont été tenues. Grosse exception : l'alcool. J'avais décidé de ne pas faire une croix sur les apéros ou sur un bon verre à table. Pas envie de m'isoler socialement comme je l'ai déjà fait => si l'apéro dévie vers une fête, pas question que je dise à Carole, « je rentre, j'ai entrainement demain ». Déjà donné, c'est pour déprimer.
La semaine avant :
Respect du planning nourriture. Impec.
Alain propose sur son site toute une série de recettes maison pour zapper les produits du commerces qui présentent 2 défaut principaux : 1) le prix, 2) la digestibilité : pas toujours très clair ce qu'ils mettent dans leurs barres énergétiques.
Pour le TOR, j'ai préparé
- un cake énergétique maison.
- des pâtes d'amandes (avec spiruline et sésame / et sans pour alterner)
- de la poudre pour boisson longue durée,
- de la poudre pour boisson repas.
Le tout est conditionné dans des sachets type congélation Ziploc avec la dose nécessaire pour chaque ravitaillement. Ça donne pas mal de préparation, imaginez qu'il y a une quarantaine de ravitos prévu tout au long de la course.
La Veille.
Arrivée à Courmayeur le vendredi soit 2 jours avant l'épreuve au compte goûte. Isa nous a réservé nos places au Refuge du Mont Blanc, magnifique camp de base. Ils nous permettent nous seulement de garder nos sacs pendant la durée du TOR, mais également de revenir quand ça nous arrange.
Comme d'hab', c'est le bordel au niveau des arrivées : des 19 Célestes prévus initialement nous nous retrouvons 12 le premier soir. Pas évident pour la cuisine du refuge qui ne nous en veut pas et nous sort un magnifique menu. Grosse erreur de débutant de la plus part d'entre nous qui se jette sur les pâtes, pensant que c'est tout ce que nous aurions comme pitance… Perdu, derrière : viande et dessert. Somptueux.
Nous irons saluer Luka qui part avec 24h00 d'avance, seul avec son sachet plastic à la main (véridict). Ambiance Céleste qui s'installe à Courmayeur : les gens se demandent qui nous sommes, et ce que nous faisons là ?
Retrait des dossards et préparation des sacs le samedi. Tout est tip top. Impressionnant. Ça sent le professionnalisme et enlève les deux ou trois doutes que nous avions suite au site internet qui n'était pas très vivant les semaines avant la course. Enormément de bénévoles à tous les postes.
Nous recevons comme cadeau de bienvenue un joli sac de chez Grivel, sponsor de l'épreuve.
Préparation des sacs sur la terrasse du Refuge. Bonne ambiance au soleil, mais déjà le stress est palpable : « Tu prends combien de vestes ? » « Qui a des piles pour moi ? » classique comme ambiance, mais on sent qu'n ne part pas pour une course ordinaire.
Je suis plutôt serein. J'ai pas mal stressé la semaine précédente et tout mon barda est prêt. Je n'ai qu'à transférer mes affaires dans le sac qui me suivra tout au long de la course : encore une jolie performance de l'organisation. Sachant le délai entre le premier et le dernier, faire suivre les sacs d'un ravito à l'autre et donc d'une vallée à une autre n'est pas une mince affaire au niveau logistique.
Fin prêt, Yvan nous rejoins pour le souper et une dernière nuit confortable.
Début de la course.
Les 330 km ont été divisé en 7 sections. Chacune peut être considérée comme un trail à part entier. En général plus de 40km et plus de 3000m de D+. Nous avons 6,5 jours pour faire les 7 étapes. J'ai fini en 5,5 jours. Bonjour le dénivelé quotidien !
En tête de chaque chapitre vous trouverez les détails techniques de la section à parcourir ainsi que les temps de passage (IN = entrée au ravito en nombre d'heure depuis le départ. OUT = sortie du ravito) aux différents ravitaillements et les temps complets de l'étape et de repos. Ça donne une bonne idée de longueur du tout une fois les 7 sections compilées…
J'ai oublié de préciser que un mois avant la course je mes suis fait un tour de rein en installant une tonnelle à la braderie de Méribel. Conséquences : abandon au Tour de la Grande Casse à mi-parcours et 2 séances d'ostéo obligatoire.
A priori soigné mais vraiment stressé et gros mal dans la nuque. C'est directement lié au stress.
ETAPE 1: mise en bouche : directement dans le raide : d'entrée +1388 sur 8km. Et pan dans les dents !
| Altitude | Km | Cumul km étape | D + | Cumul D+ étape | D- | Cumul D- étape | Km Total | |
1 | TDG - B - Sa 16:00 - Courmayeur - Départ | 1 220 m | 0,0 km | 0,0 km | 0 m+ | 0 m+ | 0 m- | 0 m- | 0,0 |
TDG - Champtoret | 1 758 m | 3,7 km | 3,7 km | 591 m+ | 591 m+ | 45 m- | 45 m- | 3,7 | |
TDG - Col d'Arp | 2 571 m | 4,3 km | 8,0 km | 797 m+ | 1388 m+ | 0 m- | 45 m- | 8,0 | |
TDG - E - Mayen Youlaz | 2 047 m | 3,6 km | 11,6 km | 0 m+ | 1388 m+ | 521 m- | 566 m- | 11,6 | |
TDG - R - La Thuile (Complet) | 1 450 m | 5,7 km | 17,2 km | 128 m+ | 1516 m+ | 726 m- | 1292 m- | 17,2 | |
TDG - Plan Ruitier | 1 850 m | 5,9 km | 23,1 km | 464 m+ | 1980 m+ | 63 m- | 1355 m- | 23,1 | |
TDG - E - Rifugio Deffeyes | 2 500 m | 3,7 km | 26,7 km | 679 m+ | 2659 m+ | 22 m- | 1377 m- | 26,7 | |
TDG - Passo Alto | 2 856 m | 2,9 km | 29,6 km | 342 m+ | 3001 m+ | 36 m- | 1413 m- | 29,6 | |
TDG - E - Promoud | 2 022 m | 3,5 km | 33,1 km | 51 m+ | 3052 m+ | 808 m- | 2221 m- | 33,1 | |
TDG - Colle de la Crosatie | 2 826 m | 2,6 km | 35,7 km | 798 m+ | 3850 m+ | 25 m- | 2246 m- | 35,7 | |
TDG - Lac du Fond | 2 436 m | 1,5 km | 37,2 km | 7 m+ | 3857 m+ | 402 m- | 2648 m- | 37,2 | |
TDG - E - Planaval | 1 554 m | 5,4 km | 42,6 km | 6 m+ | 3863 m+ | 872 m- | 3520 m- | 42,6 | |
TDG - B - Lu 07:00 - Valgrisenche (Base) | 1 660 m | 5,5 km | 48,1 km | 185 m+ | 4048 m+ | 85 m- | 3605 m- | 48,1 |
IN | OUT |
| REPOS | ||
ETAPE 1 | Valgrisenche | ||||
10:26:24 | 1 | 10:26:24 | 15:34:37 | 1 | 05:08:13 |
| |||||
Au départ, sous l'Arche TOR des Géants 2010, personne ne fait le malin. Bine malin qui se lance dans un pronostique de temps. Bonne humeur, mais tension au rendez-vous. Grosse émotion au départ. Musique de circonstance (Hells Bells) et speaker qui met le feu. C'est parti, mais on ne sait pas trop pour quoi, ni pour combien de temps !
Callé le cardio à 146. Impec. Bonne allure à la 1ère montée, descente en douceur. Plus compliqué à partir de la deuxième difficulté. Impossible de garder le cardio en dessous de 150 pulse. Avec Sapin qui a eu les mêmes sensations, nous avons fini par couper les cardios, un peu ridicule de se trainer en montagne avec un bip bip permanent…
De plus, et de manière très étonnante, je passe une très mauvaise journée : je ne digère pas grand-chose, je passe mal l'altitude… je ne comprends pas trop ce que je fous là ??? Bref, arrivée au 1er ravito le soir (déjà 48 km et 4000 +) je suis crevé, une seule envie : dormir et/ou abandonner. Cédric décide de continuer, moi de me reposer. Il a l'air beaucoup plus motivé, en mode « compet' de sa vie »… Moi, je suis HS. Je dors (mal) 2h00, et tente de me remotiver pour repartir.
ETAPE 2 : Ou il faut repartir de nuit sous la pluie avec le bide en vrac !
| Altitude | Km | Cumul km étape | D + | Cumul D+ étape | D- | Cumul D- étape | Km Total | |
2 | TDG - B - Lu 07:00 - Valgrisenche (Base) | 1 660 m | 0,0 km | 0,0 km | 0 m+ | 0 m+ | 0 m- | 0 m- | 48,1 |
TDG - Bouque | 1 910 m | 4,1 km | 4,1 km | 309 m+ | 309 m+ | 54 m- | 54 m- | 52,3 | |
TDG - E - Rifugio Chalet de l'Epée | 2 373 m | 3,9 km | 8,0 km | 465 m+ | 774 m+ | 27 m- | 81 m- | 56,2 | |
TDG - Col Fenetre de Torrent | 2 875 m | 3,2 km | 11,2 km | 522 m+ | 1296 m+ | 1 m- | 82 m- | 59,4 | |
TDG - R - Rhemes Notre Dame (Complet) | 1 723 m | 4,3 km | 15,6 km | 32 m+ | 1328 m+ | 1183 m- | 1265 m- | 63,7 | |
TDG - Plan di Feye | 2 390 m | 3,5 km | 19,1 km | 651 m+ | 1979 m+ | 2 m- | 1267 m- | 67,2 | |
TDG - Colle Entrelor | 3 007 m | 1,9 km | 20,9 km | 616 m+ | 2595 m+ | 0 m- | 1267 m- | 69,1 | |
TDG - Lac Djouan | 2 510 m | 3,0 km | 23,9 km | 12 m+ | 2607 m+ | 482 m- | 1749 m- | 72,1 | |
TDG - R - Lu 19:30 - Eaux Rousses (Complet) | 1 666 m | 6,2 km | 30,1 km | 32 m+ | 2639 m+ | 878 m- | 2627 m- | 78,3 | |
TDG - Levionaz Inferiore | 2 285 m | 5,1 km | 35,2 km | 669 m+ | 3308 m+ | 49 m- | 2676 m- | 83,3 | |
TDG - Levionaz Superiore | 2 580 m | 2,3 km | 37,4 km | 263 m+ | 3571 m+ | 30 m- | 2706 m- | 85,6 | |
TDG - Col Loson | 3 296 m | 3,3 km | 40,7 km | 771 m+ | 4342 m+ | 13 m- | 2719 m- | 88,8 | |
TDG - R - Rifugio Vittorio Sella (Complet) | 2 579 m | 4,4 km | 45,1 km | 16 m+ | 4358 m+ | 712 m- | 3431 m- | 93,2 | |
TDG - Valnontey | 1 674 m | 5,3 km | 50,4 km | 22 m+ | 4380 m+ | 947 m- | 4378 m- | 98,6 | |
TDG - B - Ma 06:00 - Cogne (Base) | 1 532 m | 2,9 km | 53,3 km | 3 m+ | 4383 m+ | 115 m- | 4493 m- | 101,4 |
IN | OUT |
| REPOS | ||
ETAPE 2 | Cogne | ||||
16:23:39 | 1 | 31:58:16 | 33:00:32 | 1 | 01:02:16 |
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Je repars, mais pas grand-chose ne tourne comme je l'avais prévu. Pas le goût comme on dit.
Deux constats: pas moyen de manger et aucune motivation. Je pars quand même. Ok, qu'est-ce qui ne va pas ?
La bouffe. J'a toujours peur de manquer de tout en course => je me suis trop gavé. En respectant les horaires et conseils, mais trop tout de même. Le cake ne passe pas du tout. C'est la deuxième fois que ça m'arrive (dernière fois au TGV). 3 raisons à mon avis : a) la farine de lupin b) la farine complète que nous avons utilisée c) Pas assez cuit. => J'abandonne le Cake. La boisson repas que j'avais pourtant essayée me dégoute => j'abandonne itu.
La bouffe, c'est réglé. Je tourne avec les poudres, soit maison, soit hydrixir + malto, les barres d'amande, les ravitos prévus par l'organisation : impec :
Intermédiaire (3 ou 4 par jours) bouillon, viande séchée, pain, Tuc, bananes, chocolat, je zappe le fromage : mauvaise digestion.
Base vie : bouillon + pâtes (nature ou tomate).
La montre sonne toutes les 10 minutes : 2 gorgées. Impec. Je garderai ce rythme pendant 6 jours. Très bien passé. Un peu plus dilué pour le jour, plus concentré la nuit. Rien de très précis vu que je rallonge à chaque fois de la poudre dans mon Camel au feeling.
Deuxième gros constat : je m'emmerde ! Qu'est-ce que je fous là ? Je vais de ravitos intermédiaire en intermédiaire en me disant encore un puis je me casse. Je récupère Carole et on va en Corse, ou à la mer quelque part. Raz le bol de la montagne. Je m'en rends de plus en plus compte. Je comprends enfin ce qui c'est passé cet été pendant l'entrainement. Trop de montagne. Trop d'entrainement seul. Plus le goût. Alors là, alors que la machine ne tourne pas, la tête n'a pas envie d'encore y aller.
Sapin est loin de moi avec une grosse patate alors qu'il s'en entrainé à Paris. Je n'ai pas peur du dénivelé, c'est quoi 24 X 1000 mètres en une semaine ??? (C'est énorme.) Mais bien de la longueur. Je m'emmerde. Trop lent, pas assez rythmé. Peur d'accélérer pour ne pas me cramer. C'est décidé, je repars sur des épreuves de 8 heures grand max. Je me rappelle m'être toujours dit que l'UTMB n'est pas une course pour moi. Trop long. Ici, je me suis inscrit pour suivre Cédric. Et pour me mettre un pied au cul après l'apathie sportive de l'hiver : un gros défit pour me refaire la caisse.
De plus il pleut. Rien de bien grave en vallée, par contre le passage des cols risque de s'avérer foireux sous la neige… Au final je n'aurai que la pluie. Cédric qui a ratrapé Yvan après le premier ravito ont passés quelques cols sous la neige.
Vu que je n'ai pas la grosse forme, je décide de me couvrir : chaussures Gore-tex avec mini guêtres. Sur pantalon et Paclite sur le dos. A priori, bon choix, j'ai passé l'étape au sec et n'ai pas chopé la crève.
J'ai rejoins Luc pour passer le Col le plus haut de ce TOR : le Col Loson (3299m). On en chie, pas grosse patate, les descentes sont interminables. Seuls les paysages nous enchantent.
ETAPE 3 : ça commence à aller mieux…
| Altitude | Km | Cumul km étape | D + | Cumul D+ étape | D- | Cumul D- étape | Km Total | |
3 | TDG - B - Ma 06:00 - Cogne (Base) | 1 532 m | 0,0 km | 0,0 km | 0 m+ | 0 m+ | 0 m- | 0 m- | 101,4 |
TDG - Lillaz | 1 620 m | 3,5 km | 3,5 km | 75 m+ | 75 m+ | 15 m- | 15 m- | 104,9 | |
TDG - E - Gailles Desot | 1 831 m | 1,8 km | 5,3 km | 216 m+ | 291 m+ | 1 m- | 16 m- | 106,7 | |
TDG - Casotto | 2 156 m | 3,5 km | 8,8 km | 383 m+ | 674 m+ | 72 m- | 88 m- | 110,2 | |
TDG - R - Rifugio Sogno di Berdzé (Complet) | 2 532 m | 5,8 km | 14,6 km | 404 m+ | 1078 m+ | 52 m- | 140 m- | 116,0 | |
TDG - Colle Fenetre di Champorcher | 2 826 m | 1,9 km | 16,4 km | 267 m+ | 1345 m+ | 31 m- | 171 m- | 117,8 | |
TDG - Rifugio di Miserin | 2 588 m | 2,1 km | 18,6 km | 117 m+ | 1462 m+ | 263 m- | 434 m- | 120,0 | |
TDG - E - Rifugio Dondena | 2 192 m | 3,7 km | 22,2 km | 6 m+ | 1468 m+ | 384 m- | 818 m- | 123,6 | |
TDG - R - Champorcher (Complet) | 1 450 m | 6,1 km | 28,3 km | 64 m+ | 1532 m+ | 818 m- | 1636 m- | 129,7 | |
TDG - Salleret | 1 082 m | 5,7 km | 34,0 km | 107 m+ | 1639 m+ | 469 m- | 2105 m- | 135,5 | |
TDG - E - Pontboset | 785 m | 3,3 km | 37,3 km | 22 m+ | 1661 m+ | 326 m- | 2431 m- | 138,7 | |
TDG – Hone | 375 m | 5,5 km | 42,8 km | 256 m+ | 1917 m+ | 676 m- | 3107 m- | 144,2 | |
TDG - B - Me 02:00 - Donnas (Base) | 320 m | 3,7 km | 46,6 km | 136 m+ | 2053 m+ | 177 m- | 3284 m- | 148,0 |
Etape 3 | Donnas | ||||
14:03:34 | 1 | 47:04:06 | 48:43:38 | 1 | 01:39:32 |
| |||||
Deuxième camp de base : Cogne. Carole est la. Je repars quand même malgré mes envies de tout arrêter et de partir en vacance. Courte pause : 1h30.
Puis tout commence à se mettre en route. Je n'ai même plus mal au dos. Avec le recul, je pense que c'était le stress qui me faisait souffrir. L'ostéo a bien remis tout en place, mais pas dans la tête…
Effort un peu plus soutenu, les km défilent, l'alimentation passe bien. Je n'ai dormi que 1h00 à peu près la nuit et j'enchaine les siestes de 20 minutes toutes les 6h00.
Tout va bien. Je continue sur le même mode de fonctionnement : boire, ravito, boire, sieste, boire… je remonte pas mal de place. Plus besoin de ceinture cardio : je varie entre 110 et 130 pulses avec de bonnes moyennes ascensionnelle. Reviens à 5/6 heures de Cédric (qui vient probablement de dormir un peu) qui lui me dit souffrir de tendinite. Je n'ai aucune douleur, et me dis que c'est l'entraînement qui paie.
ETAPE 4 : L'étape de « montagne » 53km et 5000 d+, qui dit mieux ?
| Altitude | Km | Cumul km étape | D + | Cumul D+ étape | D- | Cumul D- étape | Km Total | |
4 | TDG - B - Me 02:00 - Donnas (Base) | 320 m | 0,0 km | 0,0 km | 136 m+ | 0 m+ | 177 m- | 0 m- | 148,0 |
TDG - Place Pilon | 825 m | 2,8 km | 2,8 km | 474 m+ | 474 m+ | 6 m- | 6 m- | 150,8 | |
TDG - E - Perloz | 663 m | 2,7 km | 5,5 km | 174 m+ | 648 m+ | 301 m- | 307 m- | 153,4 | |
TDG - Tour d'Hereraz | 569 m | 1,6 km | 7,0 km | 115 m+ | 763 m+ | 188 m- | 495 m- | 155,0 | |
TDG - Torrent de Giassit | 920 m | 3,5 km | 10,6 km | 383 m+ | 1146 m+ | 55 m- | 550 m- | 158,5 | |
TDG - R - Sassa (Complet) | 1 433 m | 2,5 km | 13,1 km | 578 m+ | 1724 m+ | 81 m- | 631 m- | 161,1 | |
TDG - Col Portola | 1 966 m | 1,9 km | 15,0 km | 536 m+ | 2260 m+ | 0 m- | 631 m- | 163,0 | |
TDG - Col Carisey | 2 124 m | 1,5 km | 16,5 km | 157 m+ | 2417 m+ | 11 m- | 642 m- | 164,5 | |
TDG - E - Rifugio Coda | 2 242 m | 1,0 km | 17,5 km | 147 m+ | 2564 m+ | 6 m- | 648 m- | 165,5 | |
TDG - Leretta | 1 788 m | 3,6 km | 21,1 km | 110 m+ | 2674 m+ | 562 m- | 1210 m- | 169,0 | |
TDG - R - Me 12:00 - Lago Vargno (Complet) | 1 664 m | 2,8 km | 23,9 km | 228 m+ | 2902 m+ | 325 m- | 1535 m- | 171,8 | |
TDG - Col Marmontana | 2 348 m | 3,7 km | 27,6 km | 679 m+ | 3581 m+ | 30 m- | 1565 m- | 175,6 | |
TDG - Crenna dou Leui | 2 311 m | 2,6 km | 30,2 km | 360 m+ | 3941 m+ | 408 m- | 1973 m- | 178,2 | |
TDG - Colle della Vecchia | 2 184 m | 2,1 km | 32,3 km | 105 m+ | 4046 m+ | 227 m- | 2200 m- | 180,3 | |
TDG - R - Niel (Complet) | 1 555 m | 5,5 km | 37,8 km | 225 m+ | 4271 m+ | 853 m- | 3053 m- | 185,7 | |
TDG - Jatzit | 1 976 m | 1,9 km | 39,7 km | 445 m+ | 4716 m+ | 0 m- | 3053 m- | 187,7 | |
TDG - Col di Lazoney | 2 387 m | 1,3 km | 41,0 km | 386 m+ | 5102 m+ | 0 m- | 3053 m- | 189,0 | |
TDG - E - Oberloo | 2 055 m | 2,8 km | 43,8 km | 23 m+ | 5125 m+ | 326 m- | 3379 m- | 191,8 | |
TDG - Lyso | 1 358 m | 5,0 km | 48,8 km | 26 m+ | 5151 m+ | 754 m- | 4133 m- | 196,8 | |
TDG - B - Je 01:00 - Gressoney (Base) | 1 370 m | 2,7 km | 51,5 km | 84 m+ | 5235 m+ | 51 m- | 4184 m- | 199,4 |
IN | OUT |
| REPOS | ||
Etape 4 | Gressoney | ||||
19:25:41 | 1 | 68:09:19 | 71:22:16 | 1 | 03:12:57 |
| |||||
Je me sens de mieux en mieux. Les kilomètres s'enchaînent ainsi que le dénivelé et les paysage sont toujours aussi beau. Nous avons eu, à part lors de la première nuit une météo exceptionnelle. Beau en permanence. Pas trop chaud. Pas trop de vent en altitude.
Après milieu de l'étape, grosse erreur de débutant vers la fin de l'étape. J'ai pris la tête d'un petit groupe à la tombée de la nuit et fait la trace dans de longs pierriers. Personne ne me relaie. Je fais semblant de refaire mes lacets. Personne ne passe. J'accélère et sens le début d'une douleur au quadri. Trop tard : contracture. Bref, je fini l'étape mais sens bien que c'est foutu. Revenu dans les 50, bonne sensation. Pas besoin de dormir beaucoup. Qu'est-ce que je fais ? Il reste 3 étapes, j'ai un quadri en vrac. Une simple contracture, mais plus moyen de courir. Le corps dit stop. A priori, je n'ai même pas pensé abandonner à ce moment la. Moins qu'au début. Déjà trop fait que pour arrêter. Un médecin me fait un tape (qui ne sert à rien. Mais bon, ça rassure) et c'est reparti.
ETAPE 5 : blessé mais on continue.
Option tactique : Vu avec Wouters,*au vue des longueurs des étapes, nous choisissons de passer un minimum de temps dehors la nuit. C'est le plus dur : le froid, la solitude. => Je pars à 4h00 du matin pour arriver à 20h00. Seules les heures entre la fin de la nuit et 9h00 du matin sont vraiment longues.
| Altitude | Km | Cumul km étape | D + | Cumul D+ étape | D- | Cumul D- étape | Km Total | |
5 | TDG - B - Je 01:00 - Gressoney (Base) | 1 370 m | 0,0 km | 0,0 km | 84 m+ | 0 m+ | 51 m- | 0 m+ | 199,4 |
TDG - San Sebastiano | 1 420 m | 5,5 km | 5,5 km | 168 m+ | 168 m+ | 127 m- | 127 m- | 205,0 | |
TDG - R - Rifugio Alpenzu (Complet) | 1 780 m | 1,5 km | 7,0 km | 364 m+ | 532 m+ | 2 m- | 129 m- | 206,4 | |
TDG - Pinter | 2 465 m | 3,1 km | 10,1 km | 678 m+ | 1210 m+ | 5 m- | 134 m- | 209,5 | |
TDG - Colle Pinter | 2 776 m | 1,1 km | 11,2 km | 308 m+ | 1518 m+ | 0 m- | 134 m- | 210,7 | |
TDG - Cuneaz | 2 062 m | 3,5 km | 14,8 km | 16 m+ | 1534 m+ | 748 m- | 882 m- | 214,2 | |
TDG - R - Rifugio Vieux Crest (Complet) | 1 952 m | 1,3 km | 16,0 km | 11 m+ | 1545 m+ | 119 m- | 1001 m- | 215,5 | |
TDG - Rifugi Ferraro e Guide Frachey | 2 086 m | 4,9 km | 20,9 km | 333 m+ | 1878 m+ | 192 m- | 1193 m- | 220,3 | |
TDG - E - Je 14:00 - Saint Jacques | 1 697 m | 1,3 km | 22,2 km | 0 m+ | 1878 m+ | 366 m- | 1559 m- | 221,6 | |
TDG - Tournalin Inferiore | 2 278 m | 3,8 km | 26,0 km | 578 m+ | 2456 m+ | 7 m- | 1566 m- | 225,4 | |
TDG - R - Rifugio Grand Tournalin (Complet) | 2 535 m | 1,4 km | 27,4 km | 260 m+ | 2716 m+ | 0 m- | 1566 m- | 226,8 | |
TDG - Colle di Nannaz | 2 775 m | 1,4 km | 28,8 km | 255 m+ | 2971 m+ | 0 m- | 1566 m- | 228,2 | |
TDG - Col des Fontaines | 2 695 m | 1,5 km | 30,3 km | 33 m+ | 3004 m+ | 135 m- | 1701 m- | 229,8 | |
TDG - Cheneil | 2 104 m | 2,8 km | 33,1 km | 0 m+ | 3004 m+ | 549 m- | 2250 m- | 232,6 | |
TDG - B - Je 21:00 - Cretaz (Base) | 1 515 m | 2,8 km | 35,9 km | 1 m+ | 3005 m+ | 633 m- | 2883 m- | 235,3 |
IN | OUT |
| REPOS | ||
Etape 5 | Cretaz | ||||
11:20:44 | 4 | 82:43:00 | 90:12:07 | 1 | 07:29:07 |
| |||||
C'est reparti pour l'interminable. C'était déjà long comme ça, mais là, sans frein à gauche à la descente et sans propulsion à la montée, c'est parti pour une longue marche allure CAF… entre 16 et 20 heures par étape. Je perds 15 à 20 places par jour. Beurk. Là, c'est clairement l'ennui qui s'installe Long, long… long. Alors je me balade. Plus besoin de parler de cardio : je tourne entre 85 et 110 pulse mais continue à m'alimenter correctement. Je sais que c'est la seule solution pour aller au bout. Après une étape sur une jambe, de part la position (pointe du pied pour ne pas positionner le quadri en hyper tension) c'est une tendinite qui commence à me faire souffrir au tendon d'Achille.
C'est assez étonnant mais je prends vraiment du plaisir à être là. Je souffre à la descente, chaudes larmes, mais je sais que je peux aller au bout. J'ai vu des mecs abandonner avec des pieds dans un tel état que je me dis que j'ai de la chance de pouvoir encore mettre un pied devant l'autre. Je marche plus de 90% du temps tout seul. N'étant plus dans mon groupe de force, même sur une jambe (et les deux bras heureusement que j'avais mes bâtons) je monte plus vite. Par contre à la descente, je vois tous les concurrents qui essaie de me remonter le moral, s'éloigner inexorablement. Pas grave, je continue.
ETAPE 6 : une de plus, une de moins.
| Altitude | Km | Cumul km étape | D + | Cumul D+ étape | D- | Cumul D- étape | Km Total | |
6 | TDG - B - Je 21:00 - Cretaz (Base) | 1 515 m | 0,0 km | 0,0 km | 1 m+ | 0 m+ | 633 m- | 0 m- | 235,3 |
TDG - Falegnon | 1 914 m | 2,6 km | 2,6 km | 455 m+ | 455 m+ | 51 m- | 51 m- | 237,9 | |
TDG - E - Rifugio di Barmasse | 2 175 m | 1,9 km | 4,5 km | 281 m+ | 736 m+ | 9 m- | 60 m- | 239,9 | |
TDG - Colle della Fenetre d'Ersaz | 2 293 m | 4,1 km | 8,6 km | 290 m+ | 1026 m+ | 187 m- | 247 m- | 243,9 | |
TDG - R - Grans Raye (Complet) | 2 352 m | 2,8 km | 11,4 km | 220 m+ | 1246 m+ | 164 m- | 411 m- | 246,7 | |
TDG - Fenetre du Tsan | 2 738 m | 3,3 km | 14,6 km | 526 m+ | 1772 m+ | 133 m- | 544 m- | 250,0 | |
TDG - E - Bivacco Reboulaz | 2 575 m | 1,3 km | 16,0 km | 143 m+ | 1915 m+ | 292 m- | 836 m- | 251,3 | |
TDG - Col de Terray | 2 780 m | 1,6 km | 17,6 km | 215 m+ | 2130 m+ | 7 m- | 843 m- | 252,9 | |
TDG - R - Rifugio Cuney (Complet) | 2 656 m | 3,1 km | 20,7 km | 136 m+ | 2266 m+ | 260 m- | 1103 m- | 256,0 | |
TDG - Col Chaleby | 2 683 m | 2,4 km | 23,1 km | 144 m+ | 2410 m+ | 144 m- | 1247 m- | 258,4 | |
TDG - E - Bivacco Rosaire-Clermont | 2 692 m | 2,1 km | 25,2 km | 171 m+ | 2581 m+ | 130 m- | 1377 m- | 260,5 | |
TDG - Col de Vessonaz | 2 778 m | 0,3 km | 25,5 km | 78 m+ | 2659 m+ | 0 m- | 1377 m- | 260,9 | |
TDG - Ardamun | 2 206 m | 2,5 km | 28,0 km | 3 m+ | 2662 m+ | 577 m- | 1954 m- | 263,3 | |
TDG - R - Ve 13:00 - Closé (Complet) | 1 456 m | 6,8 km | 34,8 km | 125 m+ | 2787 m+ | 881 m- | 2835 m- | 270,1 | |
TDG - Sucheaz | 1 995 m | 3,1 km | 37,8 km | 610 m+ | 3397 m+ | 47 m- | 2882 m- | 273,2 | |
TDG - E - Brison l'Arp | 2 195 m | 1,6 km | 39,4 km | 193 m+ | 3590 m+ | 23 m- | 2905 m- | 274,8 | |
TDG - Col Brison | 2 508 m | 1,7 km | 41,1 km | 323 m+ | 3913 m+ | 4 m- | 2909 m- | 276,4 | |
TDG - E - Berrio Damon | 1 926 m | 2,5 km | 43,6 km | 2 m+ | 3915 m+ | 584 m- | 3493 m- | 279,0 | |
TDG - B - Ve 19:00 - Ollomont (Base) | 1 385 m | 3,9 km | 47,5 km | 33 m+ | 3948 m+ | 565 m- | 4058 m- | 282,8 |
IN | OUT |
| REPOS | ||
Etape 6 | Ollomont | ||||
18:06:50 | 3 | 108:18:57 | 114:11:41 | 3 | 05:52:44 |
| |||||
ETAPE 7: last but not least !
| Altitude | Km | Cumul km étape | D + | Cumul D+ étape | D- | Cumul D- étape | Km Total | |
7 | TDG - B - Ve 19:00 - Ollomont (Base) | 1 385 m | 0,0 km | 0,0 km | 33 m+ | 0 m+ | 565 m- | 0 m+ | 282,8 |
TDG - Champillon | 2 050 m | 2,9 km | 2,9 km | 715 m+ | 715 m+ | 0 m- | 0 m- | 285,7 | |
TDG - E - Rifugio di Champillon | 2 430 m | 2,1 km | 4,9 km | 352 m+ | 1067 m+ | 0 m- | 0 m- | 287,7 | |
TDG - Col Champillon | 2 709 m | 0,9 km | 5,9 km | 241 m+ | 1308 m+ | 0 m- | 0 m- | 288,7 | |
TDG - E - Ponteilles | 1 808 m | 4,1 km | 10,0 km | 17 m+ | 1325 m+ | 927 m- | 927 m- | 292,8 | |
TDG - Essanaz | 1 820 m | 4,8 km | 14,8 km | 215 m+ | 1540 m+ | 170 m- | 1097 m- | 297,6 | |
TDG - R - Saint Rhemy (Complet) | 1 621 m | 5,1 km | 19,8 km | 184 m+ | 1724 m+ | 384 m- | 1481 m- | 302,6 | |
TDG - Mottes | 1 665 m | 3,4 km | 23,2 km | 132 m+ | 1856 m+ | 115 m- | 1596 m- | 306,0 | |
TDG - Moindaz | 1 966 m | 3,8 km | 27,0 km | 382 m+ | 2238 m+ | 71 m- | 1667 m- | 309,8 | |
TDG - E - Sa 08:00 - Lac Merdeux | 2 540 m | 3,2 km | 30,2 km | 574 m+ | 2812 m+ | 19 m- | 1686 m- | 313,0 | |
TDG - Col Malatra | 2 934 m | 1,8 km | 32,0 km | 406 m+ | 3218 m+ | 1 m- | 1687 m- | 314,8 | |
TDG - R - Rifugio Bonatti (Complet) | 2 026 m | 5,7 km | 37,6 km | 4 m+ | 3222 m+ | 864 m- | 2551 m- | 320,5 | |
TDG - Arminaz | 2 032 m | 2,3 km | 39,9 km | 106 m+ | 3328 m+ | 132 m- | 2683 m- | 322,7 | |
TDG - E - Rifugio Bertone | 1 977 m | 5,5 km | 45,4 km | 164 m+ | 3492 m+ | 237 m- | 2920 m- | 328,2 | |
Arrivée Courmayeur!!!!!!!!! | 1 217 m |
|
|
|
|
|
| 332,5 |
TOTAL | |||||
Etape 7 | Courmayeur | ||||
17:36:08 | 131:47:49 | ||||
|
| ||||
Dernière étape, j'ai très mal dormi à Ollomont. Dortoirs trop petit pour tous, brassage incessant de par les coureurs ou une bénévole qui prend un peu trop à cœur son boulot d'organisatrice. Je dormirai d'ailleurs 2h00 complète au refuge Champillon, seul dans un dortoir.
J'ai lâché la diététique : un petit verre de rouge avec du fromage local pour le moral. L'étape est encore longue, et je vais le payer dans certain cols, mais ça fait vraiment du bien par où ça passe… A chaque ravitos je me lâche. Produits locaux. Ya bon !
Je pensais faire une sieste avant d'attaquer le denrier col à Saint Rhemy. Rien de prévu, Spin a dormi dans l'ambulance…) alors je repars. Je ferai mon dernier micro dodo au milieu du col, 20 minutes dans les alpages, abrité du soleil et du vent. Je suis bien. Un peu à l'ouest au réveil et les premières minutes, mais ça retape pour au moins 6 heures.
Dernier col : Malatra. Tout se chamboule dans ma tête. Le plus beau col. Une petite brèche sur le Mont Blanc. C'est fini. Plus que, encore, 13km et 1700m de descente. Vues exceptionnelles, couleurs roses de fin de journée sur le Mont Blanc. Passage par le refuge Bonati. Je n'ai plus aucune douleur. Un grand vide commence à s'installer. L'arrivée. Pas d'émotion. Je l'ai déjà vécue 100 fois, en pleurant, en riant, en répondant aux questions, en courant, à pied nu… la. Rien. Simplement je passe la ligne. C'est fini. Ça ne fait que commencer dans ma tête. Il va falloir mentaliser, réaliser, comptabiliser, raconter.
Les blessures :
Rien de grave réellement. J'écris ce texte moins d'une semaine après l'arrivée et déjà j'ai des fourmis dans les jambes pour sortir courir un peu ou rouler à vélo.
Avec un peu de recul, j'ai même eu beaucoup de chance : une simple contracture et par la suite une tendinite. C'est simplement le corps qui dit « et grand, t'en a pas marre de me tirer dessus comme ça ? » Alors oui, je suis un peu frustré. Frustré d'avoir couru dans les 50 et de finir dans les 100. Mais à quoi bon ? Il y a toujours un plus raide et un plus lent que sois. Ici, j'ai donné le maximum que moi, à ce moment de ma vie je pouvais donner. En revoyant les temps de passages, il y a des dizaines d'endroits ou j'aurai pu gagner 10 minutes, 1 heure etc. … Mais j'aurai aussi pu en perdre beaucoup plus en me blessant plus gravement ou en faisant l'impasse sur un ravito et en essuyant une grosse défaillance par la suite.
Au rayon blessure, il faut ajouter l'état des articulations des membres inférieurs à la fin de l'épreuve : cheville, et genoux triplent de volume et ne plient plus avec la même aisance. Quelques jours de repos et tout reviens à la normale.
Sommeil :
C'était la grosse question du départ : comment allons gérer les temps de repos ? Autant de tactiques que de coureurs. On relève pourtant 2 ou 3 grandes écoles :
a) Ne pas dormir, on verra jusqu'où on peut aller ?
b) Gérer la course par étape et bien dormir chaque nuit.
c) Suivre un rythme régulier et dormir toutes les x heures de courses, que que soit l'endroit.
Pour ma part : aucune idée à l'avance. Et même au cours de la première étape, les plans ont changés : « je ne m'arrête pas la première nuit ». Suivit de « j'abandonne au ravito » puis par « je me repose et on verra ci ça va mieux dans quelques heures. »
D'après Alain, il est possible de dormir 20 minutes toutes les 6 heures à partir de la 16ème heure de course.
Si j'additionne les temps de pose à toutes les bases vie, j'arrive à 24h24' de repos. A priori je n'ai pas dormi réellement la moitié de ce temps. Entre les repas, les douches (à chaque base vie, sauf le dernier) que du bonheur, et la logistique de sac (enlever les trucs humides et changer le matos pour la nuit/jour). A cela il faut ajouter les micros siestes de 20 minutes qui sont à mon avis beaucoup pus bénéfiques que les repos aux bases vies en général assez bruyantes. J'ai du faire 5 ou 6 micro sieste => 3h00 de repos en plus.
Je pense donc avoir réellement dormi une quinzaine d'heure sur la semaine.
Repos | |
Valgrisenche | 05:08:13 |
Cogne | 01:02:16 |
Donnas | 01:39:32 |
Gressoney | 03:12:57 |
Cretaz | 07:29:07 |
Ollomont | 05:52:44 |
T: | 24:24:49 |
Avec le recul, en forme au niveau digestif et avec une grosse motivation, je pense que 20 minutes toutes les 6h00 après la seizième heure de course est réalisable. Impressions :
Sensations :
Voilà, c'est fini pour le résumé de la course. Probablement un peu technique. J'ai essayé de faire passer quelques émotions mais ce n'est pas pendant la course que nous avons le plus d'émotion. C'est maintenant. Quand on y repense, quand on cherche au fond de soi ce qu'il reste de tout ça. Car la vraie question est la : mais à quoi ça sert ? Honnêtement, je n'ai pas la réponse. Je pense que nous cherchons à être fiers de nous. A exister. A être différent des autres. Ce qui compte le plus, ce n'est pas tellement le résultat à l'arrivée, ni même le fait d'arriver, c'est tout le chemin parcouru en amont. Certes, c'est plus valorisant de finir. On se sent mieux. Mais pour moi, ce qui compte c'est tout le reste. On n'arrive pas dans une course comme celle la par hasard. Je n'ai vu personne qui n'avait pas sa place dans ce TOR : pas de place pour les myhtos ou les frimeurs. Peut-être un u deux, et encore, ils ont très vite sautés au premier ravito. A aucun momment je ne me suis dit pendant la course, mais qu'est-ce qu'il fout là ce Charlot ? Par contre je mes suis parfois demandé ce que moi, je faisais la ?
S'inscrire à ce genre de course c'est le résultat de plus de 6 ans de vie à la montagne. Des centaines d'heures passées sur les peaux de phoques en rando à ski ou sur les sentiers de Savoie, Haute Savoie, Corse, Pyrénées, Argentine Norvège etc. …
Il me reste toutes ces heures d'entrainements : pas toujours envie d'y aller. Mais on y va quand même, car sans ça, on sait que ce n'est pas la peine d'aller en Italie en septembre.
Il me reste tous ces échanges de mail et coups de téléphone avec mon coach, Alain Roche que je remercie. Sans li, je ne pourrai pas parler de ce TOR au passé. Merci.
Il me reste tous ces coureurs rencontrés : pas d'amitiés de 20 ans, juste des bon moments passés avec des gens seins, qui partagent la même passion pour la montagne. Je pense surtout au groupe des Célestes que je ne connaissais pas. Merci à Isa pour l'organisation. J'ai passé une étape avec elle, que du bonheur. Très positive. Ça fait avancer en aillant moins mal aux jambes. Merci à Mercator pour tout le travail de préparation des cartes et des itinéraires. Luc, avec qui j'ai passé les cols les plus hauts du TOR. Tif et Tondu. Bon apéro ensemble la veille; je suis sur qu'ils iront au bout une autre fois, ou pas. Pas grave, nous ferons d'autre choses ensemble. Le Gecko, le Rameur et les autres que je n'ai pas encore appris à bien connaître. Et puis les mutants : ceux du groupe : Wouters, Renaud, Yvan, Sapin. Et ceux que nous avons la chance de rencontrer sur nos lieu de compétition : le Millet, Favre, Gross etc. … Personne d'autre que nous dans notre discipline ne peut imaginer discuter, manger, souffrir avec les meilleurs de la discipline. Quelqu'un peut-il me donner le mail de Fédérer, Schoumi ou Armstrong ? Mort de rire.
Il me reste tous ces bénévoles (1200) qui tout au long du parcours nous ont aidés, encouragés, soutenus. Merci mille fois à l'organisation pour ce sans faute !
Merci surtout à ceux qui m'ont soutenu out au long de la semaine. Je viens de compter, j'ai reçu une centaine d'sms pendant la course. Enorme. Chaud aux aisselles à chaque fois. Merci.
Merci à Sapin.
Merci à Carole qui me soutient à chaque fois. Qui me passe mes humeurs d'avant, de pendant et d'après course. Elle me fait aller plus loin à chaque fois.
Mike
*voici le lien de ce Belge hors norme : http://wouter.ptityeti.be/fr.php:
Il a fait les étapes 1, 2 et 3 d'un coup (soit un UTMB complet) avant de s'arrêter et dormir à chaque base vie. Il est resté 16h00 à une base vie avant de partir le lendemain matin et battre le scratch. Raison : il s'entraîne. Il part pour l'Himalaya Sky race en Octobre…
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